Mercredi 1 octobre 2008
AMAP Pour Tous ou comment adapter une AMAP traditionnelle pour que les étudiants puissent en profiter !
Qu’est-ce qu’une AMAP ?
Nées dans les années 60 au Japon, sous le nom de Teikei, et en Suisse (food guilds ), les premières formes de consommation solidaire donnèrent rapidement naissance aux Etats-Unis aux Community Supported Agriculture, à partir de 1985, en Angleterre dans les années 90; au Canada, aux Agricultures Soutenues par la Communauté. En France, la première AMAP (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne) vit le jour en 2001, sous l’égide d’ATTAC et de la Ferme des Olivades, à Ollioules, dans le Var.
Le principe : développer l’économie locale et un mode d’alimentation sain en favorisant un lien direct entre le consommateur et le producteur. Les AMAP établissent un échange de proximité : elles sont situées à moins de 100km, ce qui réduit en outre les coûts d’emballage et de transport. Les fermes proposent des produits locaux, de saison, parfois anciens et inconnus. C’est l’occasion dans certaines fermes d’organiser des cours de cuisine, des pique-niques, des visites de l’exploitation.
Les modalités de ce partenariat de proximité sont définies entre l’agriculteur et les amapiens eux-mêmes, telles que le prix de la souscription, les conditions de la distribution (heure, lieu…). Le système des AMAP doit par ailleurs respecter six engagements. Les consommateurs sont solidaires du « fermier de famille » : ils s’engagent à prendre le même pourcentage de la production (lors de la distribution, c’est le panier), quelle que soit la saison, et à le payer à l’avance, sur une période déterminée. De cette façon le producteur est certain de vendre sa récolte et d’avoir un revenu fixe. Enfin, les amapiens doivent s’investir dans la vie associative : participer aux distributions, aux animations. L’agriculteur quant à lui détient un rôle pédagogique, proposant des animations, faisant découvrir ses produits, son type de culture, qui sont dans les AMAP respectueux de l’environnement. Ses produits doivent être de haute qualité, cultivés sans apport chimique de synthèse. Le producteur s’engage également à la transparence sur la situation de son exploitation : situation économique, modes de production…
Les AMAP s’adaptent à n’importe quelle production, on peut y trouver du fromage, du pain, du miel… mais elles sont particulièrement appropriées à la culture de fruits et légumes. Elles sont également conçues en premier lieu pour les familles: un panier fournit généralement quatre personnes, une fois par semaine, tout au long de l’année, tous les paniers devant être pris. C’est un fonctionnement assez rigide, qui comprend certaines contraintes qu’entre autres des étudiants ne peuvent supporter.
Un système trop rigide pour les étudiants.
L’achat à l’avance pour une bourse étudiante, l’assiduité à l’année que ce système emporte ne peut en général pas convenir aux étudiants. Ceux-ci n’étudient pas toujours dans leur ville d’origine, ils sont régulièrement absents, ne serait-ce que pour retourner voir leur famille, finissent tôt les cours et les commencent tard, l’été n’ont pas obligatoirement une résidence fixe. Ils n’ont pas toujours de moyen de locomotion afin de se rendre à la distribution. L’AMAP implique une consommation solidaire, sociale, qui elle, est à la portée des étudiants. Il fallait donc adapter ce concept au monde étudiant.
Un premier essai : le projet « AMAP Pour Tous »
L’association Fac Verte s’en est chargée. C’est une organisation écologiste étudiante, également présente en tant que syndicat au sein des instances universitaires. Elle est organisée en fédération, couvrant une dizaine d’académies. Elle prône la défense des étudiants et de l’écologie, articulant les considérations sociales avec la protection de la planète. Fac Verte ROUEN a lancé en 2007 la première AMAP étudiante facvertienne.
Parallèlement le projet « AMAP pour tous » a vu le jour à Fac Verte Aix-Marseille grâce à la volonté d’une dizaine de militants étudiants et avec le soutien, qu’il a fallu gagner, des trois Universités d’Aix-Marseille (l’Université de Provence (U1) , l’Université de la Méditerranée (U2) et l’Université Paul-Cézanne (U3), du CROUS d’Aix-Marseille et de la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur.
Il s’agissait de « tester » l’expérience amapienne au niveau des étudiants, en se greffant sur une AMAP existante. L’association a avancé la somme à l’agriculteur et un groupe d’étudiants a pu bénéficier de paniers de légumes d’octobre 2007 à avril 2008, à raison d’un panier par semaine, pour 4,50€ soit 18€ par mois, qu’ils reversaient directement à Fac Verte. Dans l’année, dix-huit paniers étaient obligatoires, six pouvaient ne pas être pris. Ils payaient donc moins s’ils n’avaient pas pris la totalité des paniers. A cet égard un système de suppléant a été mis en place afin que les paniers non pris ne soient pas perdus: l’étudiant désignait quelqu’un qui pourrait prendre son panier à sa place. Cette personne pouvait ne pas faire partie de l’association, et ne pas être la même à chaque absence du titulaire.
Seize étudiants seulement ont pu profiter de ce système, alors même que la demande, au début de l’année, était plus importante. L’organisation instituée lors de cet essai a permis le bon fonctionnement de l’AMAP tout au long de l’année. Chaque amapien à tour de rôle est allé chercher les légumes, en bus ou en voiture. Des cours de cuisine ont été réalisés, avec la participation d’une diététicienne du CROUS, qui a accueilli les étudiants au sein de sa propre demeure, pour un montant de 2€. Le producteur a également proposé une dégustation de vin chaud sur le lieu de la distribution. Des liens se sont tissés entre amapiens, formant des groupes de quatre personnes, s’échangeant les légumes qu’ils n’aimaient pas au profit d’autres.
Et maintenant ? AMAP CAMPUS, une AMAP par les étudiants pour les étudiants !
L’essai s’est transformé: l’année 2008-2009 va donc voir le déroulement de la première AMAP Campus aixoise, d’octobre à avril. Pour qu’une AMAP fonctionne, une quarantaine d’adhérents est nécessaire. La « campagne de recrutement » a d’ores et déjà commencé, Fac Verte ayant une bonne raison de penser que de nombreux étudiants voudront participer à cette expérience enrichissante. L’association a trouvé un agriculteur de Salon de Provence, Thierry, très enthousiaste, qui est même partant pour fournir quatre-vingt personnes. Cette année, des fruits et légumes seront proposés, ainsi que peut-être ponctuellement du fromage, du pain, du miel, toujours par le biais de producteurs bios trouvés par les coordinateurs du projet AMAP Campus.
Les étudiants peuvent ainsi bénéficier de ce mode de consommation sain et solidaire, et être privilégiés, car le système des AMAP n’est pas très répandu à Aix en Provence et, comme dit précédemment, pas vraiment adapté aux étudiants.
Rédacteurs : Agnès, Manu et Virgile.




