Samedi 6 décembre 2008
Fac Verte signe l’appel du 8 novembre relatif à la réforme des concours de l’enseignement.

Initiée par le collectif SAUVONS L’UNIVERSITE, une réunion a eu lieu le 8 novembre dernier afin de regrouper les différents syndicats et associations ayant pris position contre la réforme des concours de l’enseignement. Un texte commun y a été adopté et présenté sous forme d‘appel au ministère de l’Education National, au ministère de l’Enseignement Supérieur, à la Conférence de Présidents des Universités, et à la Conférence des Directeurs d’IUFM.
Fac Verte a décidé de signer cet appel et de rejoindre les signataires dont la diversité effective démontre l’ampleur de la protestation. En effet, cet appel réunit différents acteurs de l’éducation, des syndicats aux sociétés savantes, des enseignants-chercheurs, des parents d’élèves, des représentants de conseils d’universités ; on peut citer la Société des Agrégés de l’Université, Sud-Education, Sauvons La Recherche, Attac France…
L’Appel du 8 novembre a pour but de mettre en avant les conséquences problématiques de la masterisation des concours.
Tout d’abord, les circulaires indiquant les modalités de la reforme n’ont été communiquées qu’à partir du mois d’octobre et les maquettes du nouveau master étant commandées pour…le 31 décembre 2008. Imposant ainsi aux enseignants, un travail dans la précipitation empêchant toute réflexion au sujet des contenus disciplinaires, qui sont d’autant plus assez flous.
Ensuite le CAPES et le diplôme d’IUFM ne seront plus attribués à l’issue d’un concours, au terme de 2 ans mais seront remplacés par un master. L’enseignement des savoirs y sera délaissé, pourtant indispensable pour la transmission d’une discipline (au même titre que la pédagogie). Il y aura donc, suite à cette réforme, une perte considérable des acquis culturels. Les secteurs littéraires, par exemple, dont le principal débouché est l’enseignement, seront fragilisés au niveau de la recherche et de la formation dès la licence.
De plus, découlant de la disparition de l’année de stage rémunéré, l’importante fracture entre les différentes classes sociales s’approfondira : les classes sociales les plus pauvres ne pourront plus accéder à ces diplômes (5 ans d’études sans rémunération) qui leur étaient relativement ouverts jusque là. L’Etat économisera, en précarisant, par le recrutement de vacataires, beaucoup moins cher qu’un enseignant en contrat à durée indéterminée, remettant en cause par la même occasion le statut de fonctionnaire.
Cette réforme s’inscrit dans une mécanique du gouvernement à exterminer l’école publique et l’esprit critique qu’elle devrait y forger. La professionnalisation dès le lycée, que prône le gouvernement, a peut-être des avantages mais c’est la culture générale forgeant des esprits critiques qui disparait peu à peu de l’enseignement.
L’enseignement doit être un lieu de formation de l’esprit critique et pas seulement de prise en charge de futurs simples travailleurs-exécutants !
Fac Verte Aix-Marseille s’oppose donc à cette industrialisation de l’éducation et à la masterisation des diplômes de l’enseignement en signant et soutenant cet Appel. Cette mobilisation si diversifiée représente autre chose qu’une manipulation des syndicats pour « organiser une résistance au changement » (M. Darcos).
Notre société mérite mieux qu’un système qui détruit ce qui la construit !





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