Jeudi 1 octobre 2009
L’UNI ment, l’UNI est … de droite
L’UNI ou plutôt l’Union Nationale Interuniversitaire contre le bolchevisme, selon son nom originel des années 1970, s’enorgueillit d’être « la droite universitaire » en tout point de France et de Navarre, sauf… à la fac de lettres d’Aix-en-Provence. Retour sur quelques mensonges de l’UNI, que nous pensons important de dénoncer, lors de la journée de prérentrée du mardi 22 septembre 2009, notamment dans un tract.
L’UNI prétend être le « second mouvement représentatif des étudiants à l’Université de Provence ». C’est une affirmation qui nous laisse circonspect. Si l’UNI est le second mouvement représentatif, nous aimerions bien savoir où sont les autres. Rappelons tout de même les résultats des élections aux conseils centraux de 2008 : l’UNI avec 13,2% des suffrages termine bonne dernière de ces élections. Nous comptons avant pas moins de 3 listes : SUD étudiant 15,2%, l’UNEF 23,3% et Fac Alternative (liste soutenue par Fac Verte, l’AGEP-FSE et des étudiants non-encartés) 29,9%1. L’UNI n’a fait son apparition da
ns des élections à l’Université de Provence (UP) qu’à partir de la mandature actuelle. Auparavant leur apparition sur UP n’était représentée que par quelques militants sur la faculté de Saint-Jérôme (Sciences) à Marseille. C’est son implantation sur la fac de lettre d’Aix-en-Provence qui leur a permis d’acquérir une véritable visibilité.
L’UNI se présente alors comme « une force de propositions ». Pierre Isnard-Dupuy, militant de Fac Verte et élu démissionnaire du Conseil d’Administration (CA) de l’Université de Provence en juin dernier2, constate juste que l’élue de l’UNI n’a que très rarement pris la parole en CA et lorsqu’elle le faisait c’était uniquement pour dénoncer les actions de blocage en cours, sur des discours et des positions analogues à celles de l’administration. Bonjour la force de proposition !
A l’écart de la langue de bois qui est utilisé dans le tract en question, il faut au moins leur reconnaître une vérité, représentative d’ailleurs leur seule et unique action : l’UNI est « LA seule force anti-blocage » sur UP. C’est d’ailleurs sur cette vague qu’ils ont surfer pour s’y faire une place. Mais pour autant nous refusons de leur donner le crédit de défendre « la démocratie et l’introduire à l’Université ».
La démocratie universitaire, si elle a existé un jour, devient chaque jour un peu plus un idéal utopiste à mesure que les gouvernements successifs3 mettent au jour une législation renforçant le pouvoir des présidents d’universités et des « personnalités extérieures » (représentants de collectivités territoriales, d’entreprises, de chambre de commerce et d’industrie, d’organisations syndicales et patronales) au détriment des universitaires eux-mêmes, en commençant par les personnels BIATOS4 et les étudiants. L’UNI a soutenu tous les projets s’inscrivant dans cette dynamique, LRU5 en tête.
Dissimulée par son « amour de la démocratie » l’UNI défend corps et biens un projet gouvernemental qui met à mal le service publique d’enseignement supérieur et de recherche accessible à tous et toutes. Ce projet s’inscrit dans une vision purement utilitariste de l’Université, qui voudrait que les formations et diplôme ne servent qu’à être valorisés individuellement dans la grande concurrence du marché du travail et que les recherches soient valorisées sur des critères économiques purs, à savoir dans leurs capacités d’entraîner la croissance économique. A cela, Fac Verte oppose une vision émancipatrice de l’Université qui voudrait que les savoirs produits et acquis servent à aiguiser l’esprit critique de chacun et puissent être échangé librement au service d’un progrès écologique et social pour la planète et de l’humanité.
Et oui l’UNI est bien de droite, ce qu’elle avait « omis » de signifier dans son tact de rentrée à la fac de lettres d’Aix-en-Provence. Il faut dire que cela n’est pas très « vendeur » dans une faculté fief des « gauchistes », « extrêmes gauchistes » et autres « ultragauchistes » (ce n’est pas nous qui le disons). Force est de constater que le plus grand succès des modalités d’action lors des derniers mouvements étudiants (Automne 2007, Printemps 2009) a été de permettre à l’UNI de s’implanter durablement sur l’Université de Provence, n’en déplaise aux fanatiques du blocage quoi qu’il en coûte. Il va falloir que nous revoyions notre copie. Le blocage est un moyen d’action qui montre clairement ses limites lorsqu’il ne permet plus le débat sur l’avenir de l’Université entre l’ensemble des universitaires et ne constitue plus la passerelle d’une réappropriation nécessaire de l’Université pour offrir du savoir.
1 Nous omettons volontairement de compter les listes de la Cé, 16,7%, qui n’a aucune existence active sur l’Université. Cette organisation national s’est contentée, comme elle le fait sur beaucoup de campus, de monter des listes en convainquant des étudiants de se présenter dessus, sans pour autant que ceux-ci ne fassent partie de la Cé. Au final, la plupart du temps ces étudiants ne vont pas siéger. Nous ne pouvons pas par conséquent considérer la Cé comme un mouvement étudiant de UP.
2 Pour les très bonnes raisons qu’il détaille dans sa lettre de démission .
3 De « droite » ou de « gauche », ils rament tous dans le sens de la « modernité » de « l’économie de la connaissance ».
4 Personnels de Bibliothèque, Ingénieurs, Administratifs, Techniques et Ouvriers Spécialisés.
5 Loi relative au Libertés Responsabilités des Universités autrement appelé loi Pécresse.






Écrire un commentaire