Dimanche 22 mars 2009
Fac Verte soutient les étudiants barcelonais et dénonce une attitude répressive des gouvernements français et espagnol
Comme dans toute la Catalogne et dans toute l’Espagne les étudiants barcelonais demandent l’abrogation depuis plus de 4 mois d’une réforme de l’enseignement et de la la recherche, la LOU. Cette loi a des conséquences tout à fait analogues à la LRU française et à ses applications : concentration des pouvoirs entre les mains du seul président de l’Université, recours à des financement privés et désengagement financier de l’État, soumission de la recherche aux intérêts privés, risque d’augmentation des frais d’inscription etc. Autant de mesures qui amènent peu à peu une marchandisation des savoirs et une privatisation des services d’enseignement supérieur et de recherche. Ce mouvement de contre-réformes que connait l’Université est refusé partout en Europe par des étudiants, des enseignants, des enseignants-chercheurs, des chercheurs et des personnels qui se mobilisent. Ils défendent un modèle d’université publique, accessible à tous et délivrant un savoir au service de la société civile.
Le processus de Bologne et la stratégie de Lisbonne entrainent cette mise en péril de l’Université publique. D’ailleurs les étudiants de Barcelone l’ont bien compris puisqu’ils réclament à une grande majorité le gel de l’application du processus de Bologne pour engager une concertation de l’ensemble de la communauté universitaire. Cette demande s’est formalisée de façon significative lors des référendums de l’Université de Barcelone (26/02/2009 : 93,1% de votes favorables), de l’Université Pompeu Fabra (88,7%), et de l’Université polytechnique de Barcelone (10/03/2009 : 89,7%) ; ainsi que lors de la manifestation du 12 mars qui a réuni 12 000 personnes. Toute légitimité est donc acquise à ce mouvement.
Mercredi 18 mars à 5h30 du matin la police anti-émeute (mossos) est venue évacuer manu-militari l’occupation du rectorat de l’Université de Barcelone qui durait depuis près de 4 mois face à l’autisme du gouvernement espagnol. Dans la journée même, s’est organisé un sit-in devant le bâtiment évacués et une manifestation de nuit pour protester contre la violence policière. Les policiers ont dispersé violemment les étudiants de la plaça universitat devant le rectorat. Puis la manifestation de nuit qui a rassemblé 5000 personnes a tourné à l’affrontement et à l’émeute faisant de nombreux blessés et de nombreux interpellés.
Fac Verte dénonce l’évacuation injustifiée de l’occupation exemplaire et pacifique du rectorat de l’Université de Barcelone ainsi que le recours à la violence engagée par les forces de police.
En Espagne comme en France, les gouvernements méprisent les universitaires. La seule réponse apportée à Barcelone est une répression violente. La répression refait également son apparition en France à l’occasion de la journée de mobilisation générale du 19 mars avec 300 arrestations violentes à Paris, 5 à Lyon et 4 à Marseille.
Fac Verte condamne toute forme de violence et dénonce la détermination des gouvernements à refuser le dialogue ainsi que le recours à la force publique à l’origine de ce climat de violence. Fac Verte demande l’amnistie de tous les inculpés lors de ces événements.
Solidarité Européenne ! Une autre Université est possible !
Pour en savoir plus de nombreux articles, photos, vidéos sur la répression à Barcelone :
http://tancadaalacentral.wordpress.com/
Liens relatifs à la manifestation de la journée du 18 mars :
http://www.llibertat.cat/content/view/4983/1/
http://tancadaalacentral.wordpress.com/2009/03/19/premsa-imatges-i-videos-de-la-mani-de-la-tarda/
Liens relatifs à l’expulsion du rectorat de l’université de Barcelone :
http://tancadaalacentral.wordpress.com/2009/03/18/premsa-imatges-i-videos-sobre-el-desallotjament/