Dimanche 13 décembre 2009

L’équipe :

Fac verte a un fonctionnement très simple : dès qu’une personne a envie de monter un projet, il le propose aux autres adhérents et tous ceux qui veulent contribuer à ce projet se mettent au travail ! L’avantage de Fac Verte est qu’ils pourront bénéficier du soutien des autres membres, des réseaux de l’association, des compétences de nos élus étudiants, d’une structure associative etc.

Fac Verte Aix-Marseille, association loi 1901, dispose d’un bureau. Néanmoins ces rôles sont purement formels car en pratique nous fonctionnons la plupart du temps en autogestion. Le bureau est composé ainsi :


Co-présidentes : Carole Brousse et Pauline Petit

Secrétaire : Georges Dimoyat

Trésorier : Yoann Prevoteau


De plus une série de “coordinateurs” assistent le bureau en endossant la responsabilité de projets précis :


Coordinateurs “Webmasters” : Pascal Congès et Olivier Combier

Coordinateur “Jardin Collectif” : auto-gestion !

Coordinateur “AMAP Campus Aix” : Julie Sanchez

Coordinateur “Graphismes et mise en page” : Pascal Congès


Nous disposons aussi d’une série d’élus étudiants dans les trois Universités d’Aix-Marseille et au CROUS.


Elu-e-s étudiant-e-s : Agnès Morilhat (CA, Aix-Marseille III), Carole Brousse (CEVU, Aix-Marseille III), Audrey Valenta (CEVU, Aix-Marseille I), Pierrick Lemoine (CEVU, Aix-Marseille I), Justine Leriche (UFR d’économie, Aix-Marseille II), Pierre Isnard-Dupuy (CROUS).

Vous pouvez-vous adressez à vos élu-e-s en envoyant un courriel à l’attention d’un ou une d’entre eux/elles : aixmarseille@faverte.org


Et bien sûr, l’équipe de compose aussi de toutes et tous les militant-e-s qui ne sont pas cité-e-s mais qui accomplissent autant (voir plus) d’actions que toutes ces personnes !!!

Vendredi 11 décembre 2009

Que dit la procédure pour l’inscription des étudiants étranger. Nous ne pouvons que constater qu’elle leur impose des contraintes toujours plus dures. Ceux qui se retrouveront à l’écart de cette dernière se soumettrons à la traque et à l’expulsion au « pays des droits de l’Homme » (?).

Les étudiants titulaires d’un diplôme étranger de fin d’études secondaires qui souhaitent s’inscrire en première année à l’université doivent impérativement faire une demande d’admission préalable (DAP) auprès du service culturel de l’Ambassade de France de leur pays de résidence.

Cette procédure particulière débute en janvier de chaque année et obéit à un calendrier très strict

Etudiants étrangers : demande d’admission préalable à l’université

Mis à jour le 28.10.2009 par La Documentation française

Étudiants concernés

L’admission préalable est obligatoire pour les étudiants étrangers :

· titulaires d’un diplôme étranger de fin d’études secondaires,

· qui sollicitent une 1ère inscription en 1er grade universitaire (1ère ou 2ème année de licence) ou qui sont candidats à un diplôme national exigeant la possession du baccalauréat.

Examen de langue française

Dans le cadre de la procédure d’admission préalable, les étudiants étrangers doivent passer un examen de compréhension de la langue française.

Cet examen est organisé par le Centre international d’études pédagogiques (CIEP). Il comporte un test sous forme de questionnaire à choix multiples (QCM) et une épreuve d’expression écrite.

Ces épreuves sont destinées à évaluer le niveau de compréhension de la langue française de l’étudiant et ses capacités particulières à suivre un cours d’enseignement supérieur.

L’examen est payant. Son coût est fixé à 63 € pour la rentrée universitaire 2010.

Demande de dossier

Le dossier de demande d’admission préalable doit être retiré par le candidat, entre le 1er décembre et le 31 janvier précédant l’année universitaire pour laquelle il présente sa demande :

· sur place auprès des services culturels de l’ambassade de France de son pays, s’il y réside,

· sur place auprès de l’établissement universitaire de son 1er choix, s’il réside en France,

· ou sur le site internet du ministère chargé de l’enseignement supérieur.

Le dossier peut être également obtenu par courrier. Le candidat doit en faire la demande par lettre, postée avant le 15 janvier aux services culturels de l’ambassade de France ou à l’établissement choisi. Cette lettre doit être rédigée en français.

Le candidat peut porter son choix sur 3 établissements universitaires et les classer par ordre de préférence.

Attention : le formulaire d’admission préalable n’est remis qu’aux candidats qui résident légalement en France (muni d’un titre de séjour d’1 an minimum ou dont le conjoint ou les parents possèdent une carte de résident de 10 ans).

Composition du dossier

Si l’étudiant réside en France et ne possède pas ou ne prépare pas le baccalauréat français, franco-allemand, européen ou international, il doit remplir un dossier appelé « dossier vert » .

Si l’étudiant réside à l’étranger et ne possède pas ou ne prépare pas le baccalauréat français, franco-allemand, européen ou international, il doit remplir un dossier appelé « dossier blanc » .

Pièces à fournir

Le candidat doit fournir toutes les pièces demandées dans la notice explicative jointe au dossier à remplir. Ces pièces doivent être accompagnées de leur traduction officielle en langue française. Elles varient en fonction de la situation scolaire ou universitaire du candidat.

Dépôt du dossier et épreuves d’évaluation

Le dossier dûment rempli doit être déposé, avant le 1er février précédant l’année universitaire, à l’ambassade de France ou à l’établissement où il a été retiré.

Un récépissé daté est remis au candidat. Il doit être précieusement conservé.

Les épreuves d’évaluation des connaissances du français ont lieu, pour l’année 2010, avant le 3 mars .

Réponse favorable à la demande d’inscription

L’établissement figurant en 1er choix se prononce sur la demande avant le 30 avril et communique sa décision directement au candidat.

En cas de réponse favorable, le choix dans l’établissement d’accueil doit être confirmé par courrier en vue de l’inscription définitive. Il est conseillé de garder une photocopie de cette lettre.

La demande d’admission en 1ère inscription en 1er grade ne constitue pas une inscription définitive et ne dispense pas le candidat de produire en vue de son inscription le dossier individuel d’inscription.

L’établissement d’accueil informe directement l’étudiant des pièces nécessaires à l’inscription et la date limite.

Refus à la demande d’inscription

En cas de refus d’inscription, l’établissement figurant en 1er choix transmet immédiatement le dossier et les documents qui l’accompagnent au 2nd établissement choisi par le candidat dans sa demande d’admission.

Le 2nd établissement se prononce sur la demande avant le 31 mai et communique sa décision directement au candidat.

En cas de refus d’inscription, l’établissement figurant en 2nd choix transmet immédiatement le dossier et les documents qui l’accompagnent au 3ème établissement choisi par le candidat dans sa demande d’admission.

Le 3ème établissement se prononce sur la demande avant le 30 juin et communique directement sa décision au candidat.

Vendredi 27 novembre 2009

La politique de l’Oxymore

Bertrand Méheust, La politique de l’oxymore, comment ceux qui gouvernent nous masquent la réalité du monde, Les empêcheurs de tourner/La Découverte, 2009, 12€.

Par Pierre Isnard-Dupuy

L’avenir de l’humanité et de la planète est envisagé de manière très sombre par Bertrand Méheust. Il compare nos sociétés à un « hypertitanic » qui, même s’il adopte un train de vie en adéquation avec l’équilibre de la biosphère du jour au lendemain (l’auteur parle de décroissance soutenable), ne pourrait pas suffisamment dévier de l’inertie qui le mène droit dans le mur d’un chaos écologique. Une des raisons très simple de la grande difficulté de surmonter l’inertie de la société de consommation est très simple : la publicité (que l’auteur propose d’appeler par son vrai nom : propagande) du mode de vie à l’occidental, fait réclamer avec force aux populations des pays en « voie de développement » de le rejoindre. La pression est tellement forte, que même si la société de consommation s’effondre en occident, elle restera toujours un idéal à atteindre ailleurs.

Pire, pour Bertrand Méheust, les démocraties néolibérales sont incapables d’opérer les transformations nécessaires pour surmonter la crise écologique et la crise sociale. Une société ne serait capable de pouvoir s’adapter face aux grands défis qui se présentent à elle qu’en cas de forte contrainte extérieure. Or cette contrainte a disparue avec la chute du bloque soviétique qui a ouvert l’ère d’uniformisation du monde (euphémisé par le terme de mondialisation). L’auteur ri jaune de cette situation en écrivant que la venue d’extraterrestre serait le seul événement qui pourrait sauver l’humanité de son destin tragique. Dans ce cadre, l’enjeu du capitalisme moderne devient, non pas de s’adapter mais de dissimuler la réalité notamment par le recours massif à des euphémismes et à des oxymores qui embrouillent les consciences.

Extrait de la critique de Dominique Plihon dans Politis :

Dernier exemple de cette politique de l’oxymore (la liste pourrait être beaucoup plus longue), qui n’est pas le moins inquiétant : la question écologique, présentée comme l’ardente obligation de ce début de XXIe siècle, Grenelle de l’environnement à l’appui. Or, la plupart des cent mesures du plan Fillon de relance consistent à accélérer la construction d’autoroutes et à bétonner le pays, tout en affirmant que l’objectif de croissance à tout prix (rapport Attali pour une croissance forte oblige) est la seule voie pour sortir la France de la crise. Le salut viendra du « capitalisme vert », autre splendide oxymore ! Cette utilisation massive des oxymores – qui consistent à fusionner deux réalités contradictoires – remplit trois fonctions pour le pouvoir politique. C’est d’abord une technique éprouvée pour occuper l’espace médiatique, avec l’aide d’organes de presse souvent complaisants, voire complices, en exhibant à coup de gesticulations des objectifs mirifiques qui suscitent le débat. C’est ensuite un moyen de neutraliser l’opposition en la doublant sur sa gauche (pouvoir d’achat) ou sur sa droite (migrations). C’est enfin, ce qui est le plus grave, une stratégie destinée à « enfumer » les citoyens, en s’attaquant à leur univers mental et en jouant avec leurs rêves. Ceux qui gouvernent ainsi font preuve d’un cynisme et d’un mépris profonds des citoyens. L’art de gouverner se confond avec celui de manipuler. La politique et la démocratie en sortent dévalorisées…

L’intégralité de cette critique sur le site de Politis

Quatrième de couverture :

Les démocraties modernes possèdent-elles les ressorts nécessaires pour prévenir et affronter la catastrophe écologique due au réchauffement climatique ? Comme l’explique Bertrand Méheust, ce n’est pas de l’écologie libérale et du « développement durable » que viendra la réponse : ces discours consistent à graver dans l’esprit du public l’idée que l’écologie est compatible avec la croissance et même mieux, qu’elle la réclame afin de masquer l’incompatibilité entre la société globalisée dirigée par le marché et la préservation de la biosphère.

Un univers mental ne renonce jamais à lui-même si des forces extérieures ne l’y contraignent pas. Le système a saturé tout l’espace disponible et est à l’origine de tensions de plus en plus fortes. Pour les masquer, ceux qui nous gouvernent pratiquent la politique de l’oxymore. Forgés artificiellement pour paralyser les oppositions potentielles, les oxymores font fusionner deux réalités contradictoires : « développement durable », « agriculture raisonnée », « marché civilisationnel », « flexisécurité », « moralisation du capitalisme », « mal propre », etc. Ils favorisent la destruction des esprits, deviennent des facteurs de pathologie et des outils de mensonge.

Plus l’on produit d’oxymores et plus les gens sont désorientés et inaptes à penser. Utilisés à doses massives, ils rendent fou. Ainsi, si le pouvoir de Sarkozy fait rupture, c’est par la production et l’usage cynique, sans précédent dans la démocratie française, d’oxymores à grande échelle.

Samedi 19 septembre 2009

Se revendiquer de l’écologie en étant d’extrème droite !?

Par Pierre Isnard-Dupuy

Une petite devinette : Quelle organisation politique est à l’origine de cet écrit qui parait répondre à ce que nous défendons ?  (réponse à la fin de l’article)

« L’écologie comme réponse à l’envahissement capitaliste

Une société de consommation (et donc de gaspillage) globale de plus de 10 milliards d’hommes avant 2050, c’est le rêve fou de la nouvelle classe dirigeante mondiale. Animées par un esprit de concentration et de financiarisation sans précédent, les transnationales dominent et sacrifient les peuples, les salariés, les petites et moyennes entreprises, et organisent le pillage de la planète.

Leur système nous mène droit dans le mur, vers des catastrophes sans précédent.

La civilisation des Grecs anciens dont nous sommes grandement issus, dénonçait déjà la démesure qu’ils appelaient « hubris »

Nous proposons de rétablir la mesure et l’équilibre notamment grâce à :

  • la maitrise démographique, en vue d’un rapport plus harmonieux entre l’homme et la nature.
  • la relocalisation progressive de l’économie, pour recréer du lien social et enraciné, limiter la précarité et le nomadisme.
  • la gestion prudente des ressources par une transformation des modes de production et d’échange, ainsi que la refonte du système fiscal.
  • l’autonomie alimentaire de chaque peuple ou sous continent par le développement prioritaire de l’agriculture vivrière.
  • la maitrise et la taxation des mouvements de capital pour redonner de la dignité au créateur, au salarié, au travailleur, à l’artiste. Faire de l’argent avec l’argent ne nous paraît pas l’activité humaine à encourager en priorité.
  • le véritable respect de ce que le cosmos ou la main de Dieu selon les croyances a engendré. Par conséquent le respect de la biodiversité et des écosystèmes (lien entre les espèces vivantes dans une aire géographique déterminée) …et par conséquence ultime et majeure le respect de la diversité et des écosystèmes humains (lien entre les ethnies, les peuples et leur milieu géographique et culturel) »

Ce texte est sorti de son contexte. Il affirme plus haut : « Attachés à la défense de nos identités, nous refusons fermement non seulement l’islamisation de notre société mais également l’immigration extra-européenne ». Les gens qui ont pondu ce texte se revendique de l’écologie tout en affichant un refus de l’immigration et de l’étranger « extra-européen ». Bon là nous ne sommes plus d’accord.

Comment suis-je tombé sur ce texte ?? Je ne passe pas mes mâtinés du samedi à chercher ce genre de texte pour les vénérer, ouf, vous voilà rassurer !

En fait j’ai eu un courriel d’un collègue d’ATTAC sur ma boîte qui m’informe que la mairie de Billière à côté de Pau a pris l’initiative de créer un « mur des expulsés ». Très belle initiative qui rappelle la politique honteuse d’expulsions industrialisées en cours dans notre pays. Je vais chercher quelques renseignement sur Internet et je trouve un article de rue 89 qui m’informe que l’inauguration de ce mur a été perturbée par des individus appartenant à un groupe politique baptisé « bloc identitaire ». Je me renseigne donc un peu plus sur ces gens présentés par rue 89 comme « un groupe de militants d’extrême droite » en allant sur leur site internet : http://www.bloc-identitaire.com/. Et là je reste circonspect en découvrant leur présupposé piliers : « Europe, écologie, identités, traditions ». Je décide donc d’en savoir plus, en fouillant le site, et voilà le texte, « ligne politique » dont je vous ai présenté quelques extraits. Vous le retrouvez avec le lien suivant : http://www.bloc-identitaire.com/bloc-identitaire/ligne-politique.

L’inauguration du mur des expulsés sur Franc 3 Aquitaine

Comme quoi, n’importe qui peut se revendiquer de l’écologie, y compris des identitaires ayant des contacts étroits avec le Front National et se faisant féliciter par les élus UMP de Billière « outrés eux aussi par ce « Mur des expulsés »« .

N’en déplaise à ces gens-là (et à bien d’autres), il va falloir que nous revisitions ce que c’est que l’écologie. Affaire à suivre !

Le mot de la fin, je le laisse aux Frangins Mouss et Hakim et à Origines contrôlées qui reprennent une chanson de Slimane Hazem, chanteur Kabyle : « Sachez bien que nos aïeux ont combattu pour la France… Bien avant la résidence ». Pas tout le monde ne veut s’en rappeler !

Mercredi 16 septembre 2009

La célèbre émission de Daniel Mermet, sur France Inter, qui brille par son impertinence et ses dossiers bien documentés s’intéressent aussi à l’écologie.

Une petite sélection qui porte à  la réflexion. Au plaisir de vos oreilles !

Mercredi 26 août 2009

La révolution écologique de l’Internet ?

Par Pierre Isnard-Dupuy

Certains « écologistes » présentent internet comme un formidable moyen d’enrayer la déforestation et la pollution issue de l’industrie du papier. Les informations qui passent par voie numérique sont autant d’informations imprimées en moins sur papier. Mais internet est-elle pour autant une technologie non polluante ?

Enrayer la déforestation constitue, de façon incontestable, le moyen privilégié, pour limiter les rejets de carbone dans l’atmosphère1. Par ailleurs l’impérieuse nécessité de préserver la biodiversité, notamment des forêts, ne fait plus de doutes pour personne. Les économies de papiers grâce à des ressources électroniques représenteraient un progrès écologique notable. Il est vrai que l’utilisation du papier peut être soumise à des gaspillages inutiles et scandaleux, comme celle qui peut être faite avec les annuaires papiers. Un article de l’éco guide étudiant de nos amis de Campus Verts Strasbourg estime à 35 000 tonnes la quantité de papier gaspillé pour des annuaires inutilisés2.

Il est dérisoire de noter que la publicité constitue aussi une source de gaspillage et de pollution importante. Elle pollue nos espaces visuels dans la rue, au bord des routes, en attendant le métro ou le bus etc., elle encombre nos boites aux lettres. Tout ceci est source d’un formidable gaspillage de papier. Pour autant, uniquement dans une version numérique, la publicité serait-elle pour autant bénéfique3 ? La publicité suit l’internaute sur la toile pour cibler ses centres d’intérêts. Google, sur son services de messagerie, a mis en place un moteur de recherche qui scrute le contenu des courriels pour afficher des annonces promotionnelles sur une barre à droite de la page. Internet permet de diversifier la publicité. Elle s’y retrouve interactive. Voilà un nouveau moyen d’entraîner une consommation outrancière, meilleure source d’augmentation de la pollution ! Outre ce constat, la pollution provoquée par la publicité est davantage sociale : elle modifie les contenus rédactionnels de la presse, façonne les esprits4

Les amis de la terre notent que la consommation en France de papier et de carton est de 11 millions de tonnes par an en 2006. Soit plus de 5 tonnes par habitant et par an ! Si une partie de ce papier est produit de façon soutenable grâce au recyclage, en utilisant des déchets de scierie ou du bois issu de forêts gérées durablement ; plus de la moitié de la consommation provient de l’importation5. La pâte à papier, le papier et le carton importés « proviennent souvent de la destruction de forêts primaires boréales ou tropicales et contribuent donc largement à la déforestation. Le bois peut aussi venir d’immenses plantations d’arbres à croissance rapide qui remplacent des écosystèmes très riches au point que les Amis de la Terre Brésil ou Costa Rica les comparent à des « déserts verts »6» Il est donc essentiel de réduire la consommation de papier.

Transformer les ressources papiers en ressources numériques apparaît comme un acte révolutionnaire, comme l’arme absolue anti-pollution. Orange propose même à ses clients de « passer à la facture électronique ». L’entreprise mène une grande campagne de green-washing soutenu par le WWF. Le recours aux factures électroniques aurait permis l’économie de 455 tonnes de papiers en 2008. C’est un progrès important, mais qui passe sous silence que les factures électroniques elles aussi polluent. Pour beaucoup ouvrir un écran d’ordinateur et ouvrir une page web est un acte anodin, n’engageant aucune incidence sur l’environnement. Et pourtant, outre la consommation d’énergie de votre ordinateur, les informations consultées doivent bien être stockées quelque part et doivent bien circuler avant de parvenir sur votre écran. Une facture électronique a un impact sur l’environnement et probablement plus qu’un bout de papier qui ne consomme de l’énergie que lors de sa phase de production et à la rigueur lors de sa phase de transport (et oui la camionnette de la poste consomme elle aussi de l’essence). La donnée numérique elle en consomme tout au long de son stockage sur un serveur informatique.

Le tout numérique ne semble donc pas constituer un gain écologique, bien au contraire. Par exemple, « le bilan écologique comparé du livre numérique et du livre papier est nettement en faveur du second » selon le Syndicat National de l’Edition s’appuyant sur une étude commandée par Hachette Livre à la société Carbone 4. Le livre électronique demande l’utilisation de nouveaux matériels informatiques, un stockage sur un disque dur. Autant de besoins qui rejettent énormément de CO2. L’utilisation d’une « tablette de lecture numérique (« liseuse ») dégage 250 fois plus de CO2 par an qu’un livre papier et il faut lire au moins 80 livres numériques par an pendant trois ans avec la même liseuse (à supposer qu’on la conserve trois ans) pour l’amortir écologiquement…7 »

Sophie Divry, dans le numéro de La Décroissance d’Avril 2009, présente Internet comme un « cauchemar écolo ». Elle explique qu’Internet nécessite un grand nombre d’infrastructures comme la généralisation de la voiture individuelle comprend : « les autoroutes, les employés de la DDE, les stations-service, les garagistes, les oléoducs, les guerres pour le pétrole… ». Les informations sur Internet sont stockées dans des « data center », sorte de fermes de serveurs informatiques fonctionnant 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Ces fermes consomment énormément d’énergie. Selon Sophie Divry, un data center moyen consommerait l’équivalent de ce que consomme 3 000 ménages. Le plus grand des data center consomme, selon Le Guardian, l’équivalent de la ville anglaise de Newcastle, qui compte 260 000 habitants8. Google, propriétaire de ce dernier, a des projets encore plus ambitieux en Europe. A l’image de l’expansion mondiale. L’article de La Décroissance9, dénombre 35 millions de serveurs à travers le monde. Il y en aura 10 millions de plus en 201010. La consommation des serveurs aux Etats-Unis représente 1,5 à 2% de la consommation électrique nationale et « la consommation énergétique de l’informatique mondiale est responsable de 2% des émissions des émissions humaines totales de CO2 soit à peu près autant que l’aviation civile. » Au rythme où croit la construction des fermes informatiques « dans moins d’un quart de siècle, l’Internet à lui seul consommera autant d’énergie que toute l’humanité aujourd’hui », selon l’universitaire Gerhard Fettweis11. Une recherche sur Google consommerait l’équivalent d’énergie nécessaire à une bouilloire électrique. Les exemples sont légions… Stocker les informations ne suffit pas. Encore faut-il les rendre accessibles. Pour ce faire 480 000 km de câble tapissent le fond des océans pour permettre la circulation des données échangées sur Internet. Je vous laisse imaginer les dégâts sur l’écosystème du fond des océans que peuvent poser ces câbles. Du serveur à l’ordinateur personnel, les infrastructures exigées sont construites à partir de ressources réelles : métaux, plastiques, béton… Elles nécessitent la mobilisation de moyens humains : ouvriers, vigiles de sécurité, ingénieurs…, de moyens matériels : véhicules, navires, grues… L’incidence en terme de pollution et de dégradation de l’environnement est donc réelle et ça nous avons tendance à l’oublier lorsque nous « surfons ».

L’accès à Internet, en particulier à domicile, reste un luxe en premier lieu abordable pour les populations du Nord. D’avoir le droit de polluer par l’intermédiaire d’Internet est un privilège pour les populations les plus riches, dont nous faisons parti. Sophie Divry relève qu’un personnage de Second Life rejette autant de CO2 qu’un brésilien moyen soit 1,17 tonnes d’équivalent carbone par an. 17% des brésiliens ont Internet à domicile contre 47% des français. Nous avons donc une plus grande responsabilité vis-à-vis du réchauffement climatique qu’un brésilien moyen. A la vieille du sommet de Copenhague sur le climat, il n’est pas vain de le rappeler.

Croire qu’Internet n’a aucune incidence sur l’environnement, ce serait comme croire que le Tour de France est un événement éco-responsable et faisant la promotion d’une pratique écologique sous prétexte que cette compétition se déroule à vélo. On occulte alors les camions, voitures des directeurs sportifs, des médecins, cars transportant les coureurs après les étapes, caravanes publicitaires, motos de la gendarmerie, hélicoptères filmant l’épreuve, campings cars et voitures des spectateurs, coureurs et spectateurs laissant leurs détritus sur le bord des routes, le dopage12… La télévision nous épargne de ces dégradations et nous présente un spectacle fait de curiosités naturelles, historiques, architecturales, gastronomiques et sportives à chaque étape. Ce que retranscris le poste de télévision lors d’une étape du Tour de France s’apparente à la magie qu’offre Internet : vidéos, musiques, téléchargements, ressources documentaires… Absorbés par notre écran, nous ne voyons et nous oublions les câbles sous-marins qui nous amènent cette magie et les fermes d’ordinateurs qui la stocke !

Mon propos n’est pas d’affirmer qu’il faudrait se passer d’Internet. Pour la rédaction même de cet article, je me suis servi de cette technologie et vous êtes certainement en train de le lire sur la toile. Il serait donc malhonnête de me présenter en « pur » qui donne une leçon de morale aux mauvais écolos. Internet peut présenter des avantages en terme d’accès à l’information et de mise en réseau, à condition d’en faire un usage modéré et réfléchi. En effet une utilisation excessive d’Internet peut conduire à des troubles de santé, à l’isolement… A ce propos, je constate une certaine artificialisation et une virtualisation malheureuse des relations humaines à mesure que progressent Facebook et autres sites de « mise en réseau ».

1Les arbres absorbent une grande quantité de carbone en particulier sous sa forme gazeuse (CO2). Ce gaz est un des principaux responsables de l’effet de serre. En brulant les arbres rejettent le CO2 qu’ils ont absorbé.

3 A ne pas manquer, l’ouvrage référence de Naomi Klein, No Logo, sur les ravages des marques et de la publicité.

4 Lire à ce propos, et bien plus largement sur la publicité l’excellent bouquin de Marie Bénilde, On achète bien les cerveaux aux éditions raisons d’agir, paru en 2008.

5 Rappelons à ce titre que le transport de marchandise est une des activités principales responsable des émissions de gaz à effets de serre.

6 Trop de papier tue la forêt, Sylvain Angerand, Les amis de la terre, 8 mars 2006, http://www.amisdelaterre.org/Trop-de-papier-tue-la-foret.html

7 Le livre numérique : idées reçues et propositions, Syndicat National de l’Edition, 13 mars 2009, http://www.sne.fr/pages/informations/livre-electronique-03-09.html

9 Intitulé Internet, cauchemar écolo.

10 Selon IDC, un cabinet des Etats-Unis.

11 L’Expansion du 5 mars 2008, rapporté par Sophie Divry.

12 Si vous n’êtes pas encore convaincu de la nuisance environnementale du Tour de France, les spectateurs assistant à l’étape 25 juillet 2009, s’achevant au Mont Ventoux, ont laissé 20 tonnes de déchets derrière eux. Ventoux : 20 tonnes de déchets, La Provence, 28 juillet 2009, http://www.laprovence.com/articles/2009/07/28/875896-Region-en-direct-Ventoux-20-tonnes-de-dechets-apres-le-passage-du-Tour.php. Un autre article pose la question suivante, Ventoux : le Tour de France ennemi du future parc régional ? , en épinglant les dégâts sur l’environnement et la biodiversité provoqués par le passage de l’étape. Xavier Cherica, La Provence, 27 juillet 2009, http://www.laprovence.com/articles/2009/07/27/875077-Region-Ventoux-le-Tour-de-France-ennemi-du-futur-Parc-regional.php

Jeudi 6 août 2009

N’hésitez pas en signaler d’autres : aix-marseille@facverte.org

Mardi 4 août 2009

  • La responsabilité historique et la dette écologique du Nord envers le Sud doivent être reconnues. Des transferts technologiques et financier au Sud sont nécessaires pour financer à la fois les réductions d’émission et l’adaptation au changement climatique ; la gouvernance de ces fonds doit  associer les populations locales. Les réfugiéEs climatiques devront être reconnuEs avec un statut propre et être accueilliEs dignement.
  • La lutte contre le changement climatique ne doit pas être prétexte à accabler davantage les classes populaires !!! Son financement doit être assuré par les entreprises et citoyenNEs aux capacités contributives les plus élevées. Une autre répartition des richesses doit permettre une transition solidaire au Nord comme au Sud !
  • Il faut garantir un accès juste et équitable aux biens et services essentiels tels que l’énergie et l’eau, qui sont au centre de mobilisations encore récentes (ex.  township en Afrique du Sud) : ces ressources vitales et en voie de raréfaction ne doivent pas être laissées au marché mais faire l’objet d’une ré-appropriation par la société, notamment par le développement des services publics.

Mardi 4 août 2009

  • La taxation internationale de l’énergie et des transports, la re-régulation du commerce international, la relocalisation des activités, le rapprochement des lieux de vie et de travail, le développement des transports en communs et des équipements collectif en général (logement etc.)… pour réduire nos consommations d’énergie !
  • Un plan massif de rénovation et de mise aux normes des habitats, la réorientation des investissements bancaires vers les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et des projets écologiquement soutenables, la valorisation de la sobriété énergétique
  • La démocratisation de l’économie qui doit être réorientée vers la satisfaction des besoins sociaux et écologiques et non vers la recherche de profits à tout prix ou le diktat de la sur-consommation et du productivisme : soutien à l’agriculture paysanne, aux échanges locaux, à l’économie sociale et solidaire, au secteur coopératif…
  • La protection internationale des biens publics mondiaux (climat, énergie, forêts, eau…) et notamment l’arrêt des déforestations…

Mardi 4 août 2009

Les objectifs de réductions prévus par l’Union européenne et les Etats-Unis pour 2020 (respectivement -20% et -5%) sont très en deçà de ceux préconisés par les scientifiques (-40%) : cela ne fait que refléter l’insuffisance des politiques concrètement mises en œuvre.

En effet, la politique du « marché pilote », avec les droits à polluer, actuellement défaillante, ne peut en aucun cas être suffisante pour réduire nos émissions dans les proportions nécessaires.

Les agro-carburants industriels, qui posent de nombreux problèmes environnementaux, et aggravent la crise alimentaire, ne contribuent en rien à la réduction des émissions.

Le nucléaire est une technologie coûteuse et porteuse de risques majeurs, et un développement ambitieux ne réduirait les émissions que très marginalement…

Assez de fausses solutions, tant que l’on ne remettra pas en cause notre mode de développement fondamentalement productiviste et tourné vers les profits, nous irons dans le mur !

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