Jeudi 12 mars 2009
Une mobilisation qui s’intensifie…
A Aix-Marseille :

Après l’occupation et le blocage de la fac Saint-Charles honteusement réprimée à grand renfort de maitres-chiens et fermeture administrative mardi dernier, les étudiants mobilisés de la faculté de lettre d’Aix-en-Provence ont occupé à leur tour leur lieu d’étude la nuit dernière. Des piquets de grèves ont été mis-en-place, hier 11 mars, pour répondre à la journée nationale de manifestation « de la maternelle à l’université ».
La manifestation marseillaise marque une continuité statique de la mobilisation locale. 3000 personnes ont participé à cette manifestation, comme lors des précédentes journées de mobilisation. La très faible participation des acteurs du premier et second degré peut s’expliquer par le calendrier. En effet les vacances scolaires ont très certainement perturbé l’organisation de la mobilisation (la rentrée ayant eu lieu lundi dernier).
Néanmoins, la mobilisation universitaire se maintient. Demain, jeudi 12 mars, la grande majorité des enseignants-chercheurs de l’Université de Provence et de la faculté de Saint-Jérôme remettront la démission de leurs tâches administratives. Une action supplémentaire pour faire pression sur le ministère !
En France :
La mobilisation s’intensifie. 48 universités participent au « printemps des chaises », sont en grève totale, ou bloquées selon le collectif Sauvons L’Université, sur 79.
Les manifestations du jour ont mobilisée dans plus de 23 villes. A Paris, la manifestation a rassemblé plus de 25000 personnes. Dans les autres villes universitaires la mobilisation progresse à l’image de Rennes et ses 5000 manifestants, Toulouse et ses 4000 manifestants etc.
Dans toute l’Europe :
Après la forte mobilisation en Italie et en Grèce l’automne dernier, le monde universitaire se fait entendre en Espagne, au Portugal, en Suède, en Finlande, au Danemark, et même en Grande-Bretagne. Le dénominateur commun de toutes ces mobilisations : le contexte de contre-réformes qui pèse sur les universités au travers de toute l’Europe, et qui sous couvert d’harmonisation des modèles universitaires (processus de Bologne), institut l’enseignement supérieur et la recherche comme un véritable ressort de la croissance économique. La stratégie de Lisbonne pour la croissance et l’emploi adopté en 2000 au niveau de l’Union Européenne, fonde « l’économie des savoirs ». Fac Verte Aix-Marseille refuse, comme de nombreux acteurs universitaires européens, de voir l’Université reléguée à un rôle de simple outil servant à la recherche de compétitivité et de croissance économique effrénée et infinie. L’Université ne doit pas former uniquement des exécutants (au détriment d’esprits critiques) d’une guerre économique sans-fin tel que défini par la stratégie de Lisbonne.
Il devient de plus en plus primordial de contribuer à l’émergence d’un mouvement universitaire européen capable d’imposer une autre logique, notamment :
- Les 18, 19 et 20 mars, organisation d’actions dans toute l’Europe à l’occasion de la réunion des chefs d’états et de gourvernements de l’U-E qui fera l’évaluation de la stratégie de Lisbonne.
- Du 20 au 29 avril, semaine européenne de mobilisation en prévision de la conférence de Louvain (Belgique) qui « fêtera » les 10 ans de la déclaration de Bologne.
- Les 28 et 29 avril, contre sommet de Louvain.
Plus d’infos sur vagueeuropeenne.fr
Fac Verte Aix-Marseille appelle les universitaires à rester mobilisés dans la grève et à s’inscrire dans le cadre d’une lutte européenne à la fois évidente et nécessaire.
Une autre université est possible !!!